SENSIBLE

La Société pour la Distribution du Sensible (SDS) a été créée à Paris le 19 août 2014, à l’initiative de Kévin Klein (scénographe), Adrien Louis (réalisateur), Léo Thubin (plasticien) et Alessandro Vergonnier (réalisateur de films d’animation). La SDS s’est constituée afin de produire, réaliser et diffuser des oeuvres d’art qui s’ancreront dans le domaine du cinéma, du spectacle vivant et des arts plastiques. Tout en soutenant une activité de recherche, l’association favorisera les croisements de différentes disciplines dans un esprit coopératif, collaboratif et populaire. La Société pour la Distribution du Sensible soutiendra également un travail de diffusion, en créant, en empruntant et expérimentant des lieux de distribution ou d’exposition des oeuvres comprenant les espaces numériques.

 

CRÉEONS UN OBJET SENSIBLE

En travaillant ensemble nous voulons chercher des combinaisons de gestes et de techniques afin de les rassembler. La synthèse des différentes disciplines permet une liberté de création, de production et de diffusion. Toutefois la forme finale de nos futures oeuvres d’art est complexe à définir au départ. Appelons-les des OBJETS SENSIBLES.

L’objet sensible est un objet qui permet l’expérience synésthésique, en convoquant tous les sens à la fois ou plusieurs en même temps. Il contient plu- sieurs disciplines. Il possède une ubiquité.

Imaginons qu’une sculpture pro- duite est filmée ; puis elle doit être pro- jetée. Alors un écran est créé pour projeter la vidéo produite. Alors nous mettons en coprésence la sculpture, l’écran et le film : c’est cette coprésence qui constitue l’objet sensible. L’objet sensible n’est pas la somme de nos productions ou de nos pratiques mais l’expérience du rapport entre les objets produits.

Le sensible est une expérience d’un rapport entre des médiums. Par là, l’objet sensible ne dépend d’aucun format a priori, il dépend de son état et de sa forme au moment de son exposition. L’objet sensible se caractérise par sa variabilité et sa capacité de trans- formation. L’objet sensible est variable, fluctuant, métamorphique et ubiquitaire.

DISTRIBUONS LES OBJETS SENSIBLES

L’objet sensible impose sa propre forme de distribution. A chaque fois qu’un objet sensible est produit, il faut imaginer une diffusion singulière.

Ainsi, il faut toujours penser simultanément l’objet sensible selon ses modalités de production et de diffusion. Nous appelons distribution cette nécessité de devoir réinventer à chaque fois des moyens de diffusions et d’accès pour chaque nouvelle oeuvre. Une distribution signifie que nous ne nous imposons pas de formats. La production d’un objet sensible et sa diffusion se conçoivent ensemble.

La SDS ne veut pas simplement remplir les tuyaux de diffusion, elle veut créer son propre tuyau. Et pour chaque oeuvre, un nouveau tuyau doit se dessiner. Imaginons ce complexe de lignes et de tuyaux interconnectés entre les objets sensibles : la SDS est une nébuleuse, une constellation en perpétuel accroissement.

Nous allons faire circuler les publics, les lieux et les œuvres.

NOTRE OBJET SENSIBLE EST UNE EXPÉRIENCE

L’expérience est un moment de rencontre avec l’objet sensible. L’expérience comporte un enjeu cognitif: l’objet sensible crée ses propres conditions de visibilité.Son identité est conditionnée par la manière dont il se donne à voir. L’identité de l’objet sensible c’est l’expérience qu’il produit. L’objet sensible n’est pas simplement une représentation du réel pour le spectateur, c’est aussi une immersion. L’objet sensible change la place du spectateur, son rôle.

NOTRE OBJET SENSIBLE EST UBIQUITAIRE

L’oeuvre d’art peut exister à plusieurs endroits simultané- ment. Elle se donne à voir à plu- sieurs moments en plusieurs endroits. Il faut des objets techniques et des outils capables d’assumer cette ubiquité (il faut permettre à l’oeuvre d’acquérir cette mobilité).

Cela implique de penser la diffusion en tant que distribution. La distribution va plus loin que la diffusion car elle créée ses propres moyens de reproduction et d’accès. L’ubiquité a permis le développement de multiples tuyaux de diffusion. Nous voulons faire acte de distribution en in- ventant nos propres tuyaux pour s’autonomiser de ceux existants. L’ubiquité s’applique à deux niveaux: dans les objets sensibles eux-même, qui existent grâce à différents médiums au même instant ; dans la distribution. Il faut créer ses propres moyens de distribution capables d’assumer l’ubiquité de l’objet sensible.

Penser un régime ubiquitaire, c’est appliquer nos savoir-faire en dehors de leur discipline. Cette application exige une distribution nouvelle hors format: une distribution ubiquitaire.

CRÉEONS UN IMAGINAIRE COMMUN POUR ACQUÉRIR DE NOUVEAUX OUTILS DE REPRÉSENTATIONS

L’objet sensible est producteur de fictions. La SDS dans sa recherche de synthèse des disciplines fera émerger des milieux, des environnements, des ambiances dans lesquels le spectateur pourra s’immerger. La SDS dessinera un imaginaire commun, une ambiance commune issus des objets sensibles. Notre imaginaire sera empli d’espaces, de lieux, d’histoires ; peuplés de personnages, d’objets et de créatures. Soyons réalistes mais écartons le naturalisme car pour nous la ré- alité est source de métamorphoses, de transformations et de transgressions.

Créer un objet sensible n’est pas un acte de destruction du champ artistique contemporain, ni une volonté d’avant-garde mais simplement un renouvellement dans la manière de se positionner au départ de la création d’une œuvre. En s’extrayant d’un format initial et d’un mode de diffusion existant, le geste et les stratégies employés diffèrent de ces premiers. Les nécessités plastiques et formelles se déplacent.

Ainsi nous récolterons des nouvelles formes contemporaines. Celles-ci nous permettront d’ouvrir des champs du visible encore récalcitrant. Des représentations du réel encore peu soupçonnées nous parviendrons.

Nous sommes des chercheurs du visible. Nous ne postulons pas la fin de l’art, ni des disciplines ou de certaines pratiques artistiques. Nous prenons simplement des directions différentes, nous décalons nos gestes, nous nous déplaçons autrement. En distribuant, en acquérant de nouveaux outils, des formes nouvelles émergent. L’objet sensible est un horizon nomade commun.

REGARDONS ENSEMBLE, INTENSIFIONS LE RÉEL

L’ubiquité est au service du voir ensemble. Autrement dit: l’objet sensible permettra de redéfinir la place du spectateur vis-à-vis des oeuvres d’art. Ainsi, en redéfinissant la place du spectateur, on redéfinit sa place dans la communauté. Nous voulons intensifier le réel pour que le spectateur puisse en tirer une joie d’y évoluer, de le regarder. Cet intérêt est source d’acquisition d’une compétence: savoir regarder notre monde, c’est y trouver une place, savoir quoi y faire.

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Nous sommes des optimistes. Cet optimisme, c’est notre moteur, il nourrit notre imaginaire. C’est avec joie et énergie que nous nous attelons à la tâche de création des objets sensibles.

LE SENSIBLE EST MULTIPOLAIRE

Notre association s’articule autour de quatre pôles :
WORKSHOP-ATELIER / PROJETS-ŒUVRES-OBJETS SENSIBLES /  RECHERCHE /PLATEFORME D’ÉCHANGES.

WORKSHOP-ATELIER : NOUS ÉXPÉRIMENTONS SANS ÉCHÉANCES NI CONTRAINTES

L’atelier est un moment de création dans un espace dédié qui se met rapidement en place. Il demande peu de moyens de productions.Il per- met de se mettre au travail et d’expérimenter à plusieurs, fédérant efficacement des envies ponctuelles.

Un atelier peu potentiellement devenir un projet, mais il n’a pas nécessairement besoin d’aboutir ; il nourrit les futurs projets. Le point de départ de l’atelier est une thématique, l’espace lui même (dans lequel l’atelier se déroule), des matériaux, des formats…

Nous ne voulons pas anticiper une forme particulière. C’est un moment de mise en place des méthodes de travail. C’est au sein des ateliers que nous élaborerons un langage commun. C’est aussi une manière de travailler qui permet de prendre des risques, d’expérimenter et de tester.

Il y a un dialogue entre atelier et projet, les deux phases sont nécessaires et se nourrissent mutuellement. L’Atelier ventile la SDS dans son ensemble : on y prépare les prochains objets sensibles, on y teste des distributions, il peut être lié à une thématique de recherche, il est ouvert à tous.

La SDS est là pour nous offrir ces moments de création en Atelier. Cela nous parait fondamental pour nourrir continuellement nos projets et nos œuvres. La SDS nous ouvre des moments d’expérimentations et nous permet de dégager des périodes de test indispensables pour renforcer les œuvres.

PROJET / ŒUVRES / OBJETS SENSIBLES : NOUS CRÉEONS DES ŒUVRES D’ART

Un projet à un point de départ et un point d’arrivée. Un projet se compose de trois étapes de fabrication: production/réalisation/distribution. Nous allons unifier ce triptyque pour modifier la temporalité d’élaboration d’une œuvre: la distribution peut venir dès le départ de l’œuvre et influencer la réalisation.

Avant que les projets ne de- viennent véritablement des objets sensibles qui croisent nos savoir-faire, avant que nous ayons la capacité d’appliquer ce changement temporel, nous allons poursuivre des projets par disciplines, (solo-duo-trio: expositions-films-spectacles) et utiliser les modes de productions et de diffusions existants.

La SDS nous permet d’acquérir des moyens à la hauteur de nos projets et de nous fournir une logistique permettant de faire aboutir efficacement nos projets.

RECHERCHE : NOUS SOMMES DES CHERCHEURS DU VISIBLE

La recherche est proche du workshop mais sans sa dimension pratique. L’apport théorique nous semble indispensable pour plusieurs rai- sons: il explicite les pratiques, les for- mules autrement, nous ouvre de nouveaux champs d’expérimentations.

Elle permet de voir plus clair sur nos hypothèses et nos postulats : notre pratique est stimulée, influencée par des apports théoriques. Les textes prendront plusieurs formes possibles. Nous les publierons sur notre site internet, dans un espace dédié et édités selon une logique voulue par les auteurs. Des auteurs di- vers: chercheurs, artistes, dramaturges…

Elle s’articule également au- tour d’un constat sur le statut d’artiste: qu’est-ce qu’un artiste-chercheur ?

Le pôle recherche nous permettra de tester cette relation entre une pratique artistique et le champ épistémologique ou scientifique de la recherche.

Nous croyons au potentiel de la collaboration avec d’autres chercheurs dans d’autres domaines.

Nous convoquerons des problématiques diverses, éloignées de nous, dans les champs des sciences humaines ou des sciences dures.

C’est aussi un moyen de constituer des bibliographies, des filmographies, des iconographies conséquentes, variées et hétérogènes qui nourriront l’ensemble de notre travail.

NOUS CRÉEONS À PLUSIEURS

La SDS est enfin une plate- forme d’échanges et de coopérations. Nous voulons créer un réseau afin de mettre nos savoir-faire en commun.

Ainsi être membre de la SDS, c’est s’inscrire dans une démarche collaborative où, en fonction des projets, des nécessités et des envies de chacun, des contacts seront noués permettant de mettre en contact différentes personnes au sein des activités de la SDS.

Créer à plusieurs c’est dégager une hétérogénéité, une diversité et une hybridité au sein de nos oeuvres.

NOTRE SITE INTERNET EST UN OBJET SENSIBLE

Notre site internet www.distributiondusensible.eu n’est pas simplement une suite de pages sur le- quelles nous publions nos travaux. Nous l’envisageons comme un objet sensible lui-même, permettant de faire circuler l’ensemble de nos productions, de nos flux. Il est l’espace de nos distributions. Il est l’âme de la SDS: tout passe par lui mais d’autres objets sensibles peuvent s’en autonomiser; l’ensemble de ce que nous produisons possède une trace dans notre site.

 


La Société pour la Distribution du Sensible coopérative de production et de distribution d’objets sensibles est une association loi 1901 basée à Paris // contact@distributiondusensible.eu